Lettre Mensuelle octobre 2016



Chers investisseurs et amis, Pas de nouvelles à la bourse?

Un été indien ensoleillé ou plutôt des tempêtes automnales ? La question ne trouve pas encore de réponse. Au début du quatrième trimestre toute l’attention devrait être focalisée par deux événements majeurs: l’élection présidentielle aux US au mois de Novembre dans un premier puis l’évolution de la politique des banques centrales mais- surtout- leurs interprétations. La FED, après sa réunion en Septembre, a fourni quelques éléments de réponse en laissant ses taux directeurs inchangés en Octobre, mais en « assurant » que la prochaine hausse interviendra en Décembre prochain. De plus, si elle les augmente, ce sera effectivement d’une amplitude symbolique pour ne pas perdre la face, étant donné que l’économie américaine semble moins « forte » qu’on ne le pense. Par contre, la Banque du Japon se dirige dans une toute autre direction. Elle continue de faire tourner sa planche à billets à toute vitesse dans l’espoir de générer une l’inflation autour de 2 %. Ceci est vraiment une situation non conventionnelle et dangereuse.

ce qui génère une forte inquiétude de la part de certains experts au vue de la faiblesse des résultats obtenus en terme de croissance au pays du soleil levant. Certains voient déjà un « cygne noir » à l’horizon !
Ceci dit, la discussion sur le niveau des taux d’intérêts aux US s’estompe de plus en plus et devrait dégager le chemin pour un rallye des marchés d’actions vers la fin de l’année, sous réserve que l’élection présidentielle se déroule normalement (!). Dans une telle situation, le stock picking redevient normalement l’outil idéal pour profiter de la situation.

En Europe, les pays du sud font toujours de la résistance (sauf l’Espagne sans gouvernement depuis plus de 9 mois) contre une politique d’austérité et des réformes pourtant nécessaires vue leurs fortes dépendances aux taux d’intérêt ultra-bas voir négatifs. Aussi, si la BCE essaye de sauver ces pays de la banqueroute pure et simple, elle a besoin d’une chose : l’inflation. En effet, avec de l’inflation, elle aurait peut-être une mini chance de graduellement réduire ses achats d’obligations et ainsi laisser remonter petit à petit les taux d’intérêts long terme tout en les conservant en dessous du niveau d’inflation afin qu’ils restent en taux réel négatif. De plus, une courbe plus pentue aurait comme effet de stabiliser les marges bancaires et un taux négatif permettrait aux états d’améliorer leurs équilibres budgétaires à court terme …mais une telle politique se ferait naturellement au détriment des épargnants.

Malheureusement, le pari est loin d’être gagné. Même s’il est probable que les prix augmenteront bientôt. Les investisseurs ne sont pas dupes et pourront vendre les obligations et commencer à changer leurs allocations d’actifs et cela au bénéfice d’actifs réels. Dans cette hypothèse, la BCE sera forcée d’acheter à nouveau des obligations afin de maitriser cette hausse des taux intérêts, ce qui aura comme conséquence d’inonder les marchés de liquidité qui devrait s’orienter vers les marchés d’actions (crack up boom).

Cependant, le surendettement des états et la fragilisation des bilans bancaires (taux négatifs) risquent de se transformer en risque systémique ayant un destin final identique à celui des « Fiat monnaies » à savoir la faillite du système monétaire.
Dans ce scénario plutôt pessimiste, une des caractéristiques de cette année boursière a été le « shopping tour » des sociétés chinoises un peu partout sur le globe. L’idée est qu’il est préférable d’avoir un actif tangible plutôt que du papier monnaie !

L’Allemagne est particulièrement concernée par ce phénomène à travers ses sociétés du fameux « Mittelstand ». Le cas le plus spectaculaire a été sans aucun doute l’acquisition de la majorité des actions de la société robotique Kuka par le groupe Midea au milieu du mois d’août. A l’heure actuelle, c’est l’équipementier de semi-conducteurs Aixtron qui subit une offre d’un consortium chinois. Même l’entrepreneur souabe, la Manz AG, est pratiquement tombée entre les mains d’un investisseur chinois (Shanghai Electric). Et cela sans parler du passé avec un autre chinois devenu l’actionnaire principal de Kion AG (40%) depuis 2012. Il est donc fort probable que cette tendance devrait continuer dans le futur proche. Mais, ce phénomène devrait être, à terme, un élément de stabilité et d’appréciation pour les bourses, puisque chaque achat d’une société cotée réduit le nombre d’action en circulation et donc, par définition, les actifs restant deviendront de plus en plus « précieux » !

Paris, le 11 octobre 2016.

Armin Zinser