Lettre Mensuelle novembre 2016



Chers investisseurs et amis,

Alea jacta est…
Où les chiens qui aboient ne mordent pas…..

Ok ! les Américains ont enfin voté et Dieu merci le spectacle pitoyable de la campagne électorale est arrivé à sa fin. Les premiers perdants sont, comme souvent les instituts de sondage et une fois de plus ils se sont « trumpés ». A présent, le nouveau président va bénéficier non seulement de la majorité au sénat mais aussi au congrès et de ce fait, il devrait avoir les mains libres pour «imposer» sa politique beaucoup plus facilement, que son prédécesseur. Le succès d’un candidat comme Trump ne se résume pas uniquement à sa personne, mais aussi à la déception et la colère d’un peuple débordé par la globalisation, la numérisation et le multiculturalisme de la société. La globalisation enrichit très certainement, mais tout le monde n’en bénéficie pas, voir très peu, et beaucoup se trouvent rejetés sur le bord de la route. « Disruption » est le mot clé pour une minorité, mais une menace pour le reste de l’humanité et pour les gens non-initiés. Mais ce n’est pas la faute du capitalisme en lui-même, mais plutôt l’absence de ces retombées positives….En effet, il n’est guère surprenant que la chasse aux élites soit quelque part lancée…
Quel va être maintenant l’impact, de cette élection, sur les marchés d’actions ?

D’abord, une plus grande volatilité, car un président comme Trump est sûrement moins prévisible que le président Obama ou que Mme Clinton…cette dernière aurait simplement assuré une certaine continuité, même si la direction qu’elle aurait emprunté, n’aurait pas été forcement la bonne (plus de réglementations, plus d’impôts, contrôle des prix etc… ).
Il est toutefois curieux de constater que durant la compagne, les marchés ont semblé avoir privilégié le programme de Clinton, au détriment de celui de Trump. Sauf, qu’après une première réaction due à la surprise, les marchés se sont tout de suite repris et ont montré un comportement presqu’identique à ceux que l’on avait vécu lors du Brexit au Royaume Uni. Ainsi, le monde continu d’avancer…
Le peu du programme économique connu du Président Trump a le visage de Janus : d’un côté une plus grande tendance protectionniste perçue négativement (même si les Etats –Unis n’ont jamais été un enfant de chœur sur cette question) et de l’autre des mesures positives telles qu’une baisse substantielle des taxes et des impôts et surtout un vaste programme d’investissement dans les infrastructures dont les Etats Unis ont grandement besoin….un modèle à suivre, peut-être pour l’Europe et en particulier pour l’Allemagne ?
Néanmoins, la mise en place de toutes ces mesures prendra du temps, et de ce fait n’auront pas d’effet immédiat. Elles ne seront peut être même pas encore visibles en 2017. La Fed, par contre, va réfléchir à deux fois avant d’augmenter les taux d’intérêts directeurs en Décembre. La chance d’un statut quo de sa politique monétaire redevient élevée ce qui devrait être positif pour les marchés. Ceci dit, les bourses pourraient être tentées de « jouer » tout de suite les titres susceptibles de profiter d’un maintien des taux d’intérêts bas, à savoir : le secteur immobilier ainsi que sur les valeurs avec un cash-flow stable. Concernant les investissements dans l’infrastructure, peu de valeurs européennes qui pourront en profiter et dans tout cas la nouvelle politique Us est «America first ». Néanmoins des valeurs telles que Heidelberger Cement, CRH, ou Lafarge-Holcim pourraient en profiter. Pour les valeurs d’armements, Rheinmetall ou Thales devraient en bénéficier. Par contre, les sociétés fortement investies au Mexique et à fort chiffre d’affaires en Amérique du nord devrait pâtir de la politique protectionniste (hausse de droit de douane) de Trump, y compris des brasseurs tels qu’Inbev Anheuser-Busch et Heineken….

Et pour conclure, il me reste le bon mot de Winston Churchill qui disait que les américaines trouvent toujours une solution pour tout, mais seulement après avoir essayé toutes les autres possibilités.

Paris, le 10 Novembre 2016.

Armin Zinser