Lettre Mensuelle décembre 2016



Chers investisseurs et amis,

Mon argent, vos banques & notre château de cartes

Une chose est claire: 2016 a été une année très politique influençant fortement les bourses mondiales et les banques…. Et pourtant, huit ans après la crise financière, le secteur bancaire reste toujours le talon d’Achille de l’économie européenne. Il est tout aussi clair que l’année 2017 a de grandes chances de surpasser 2016, tant en terme de politique économique que de politique monétaire visant à sauver notre système bancaire. Le pari de la BCE, sa politique monétaire « ultra accommodante », ne semble pas fonctionner en l’absence des réformes structurelles pourtant indispensables. Le cycle en place est devenu « vicieux » car si l’économie ne croît pas la crise du secteur bancaire ne se règle pas, et si la crise bancaire ne disparait pas l’économie a peu de chance de croitre !

L’Europe à ce jour cumule une crise économique et une crise politique. En Italie par exemple, après l’échec de Mario Renzi sur le référendum et sa démission, il est parfaitement possible que le mouvement de Beppe Grillo (un ancien comique) gagne de possible élections anticipées. Ainsi, un « Quitalia » n’est plus totalement impensable… A cela, s’ajoute les britanniques qui devraient déclencher le fameux article 50 en Mars prochain, et donc quitter définitivement l’UE. La question est : sortie « amicale » ou « hard Brexit » ? Il me semble que les deux parties, l’UE et la Grande- Bretagne, ont tous deux intérêts à ne pas exacerber les tensions…et de trouver une solution qui respecte les intérêts des uns comme des autres.

A ce scénario, s’ajoute des élections nationales en France (Avril/Mai) puis en Allemagne (Septembre). Pour ces deux élections, le risque d’une victoire des « eurosceptiques » est réel, même s’il semble pour le moment relativement improbable.

Pour les valeurs cycliques ou de croissance en bourse, notamment allemandes, la situation, malgré les contraintes politiques à venir, reste « curieusement favorable » même avec un président aux US plutôt protectionniste. La ré-industrialisation des US a sûrement besoin de l’apport de produits à haute «technologie» industrielle. L’industrie européenne est «encore» capable de fournir et devrait même en être le fournisseur principal. Cette réorganisation américaine devrait être favorable aux valeurs exportatrices surtout si la tendance haussière du Dollar US perdure ou si la tendance baissière de l’euro, se poursuit. On notera tout particulièrement que les valeurs du M-Dax et du S- Dax, avec leurs brevets dans les produits de niches, devraient être les grands gagnants de ce scénario.

Bien entendu, la situation pour les actions américaines reste également positive, malgré le fait que leurs valorisations sont substantiellement plus élevées que leurs «alter egos» en Europe. Cependant, la politique économique de M. Trump demeure une « black box ». Ce dernier, me semble-t-il, devra quand même respecter certaines de ses promesses faites durant de la compagne présidentielle et notamment celle d’injecter des sommes colossales dans l’infrastructure nationale. Sans doute, ne s’agit-il pas ici seulement d’une contingence, mais d’une nécessité !

Le crédo américain depuis toujours est le suivant : les dépenses sont bonnes, à partir du moment où il s’agit de dépenses générant une croissance future rentable ! Les peurs concernant le programme de M. Trump en Europe me paraissent très exagérées car ce dernier est pragmatique et devrait laisser l’économie fonctionner librement. Il ne faut pas oublier qu’en plus de sa puissance militaire,

les américains ne sont pas restés à la traine sur le terrain de l’innovation. Silicon Valley a une telle puissance que, tôt ou tard, les talents du monde seront réunis sur place. Même si l’on n’aime pas admettre cela en Europe, c’est un fait.

Espérons finalement, malgré tout, que M. Trump aura la sagesse de ne pas trop ennuyer les chinois, car ces derniers sont économiquement très dépendant des consommateurs américains. Trop de tension entre les deux nations, et les économies mondiales terminent en chaos. Et objectivement, le destin de l’économie mondiale reste entre les mains de ces deux nations, qui sont interdépendantes. Concernant ces questions géo stratégiques, l’Europe malheureusement n’a le statut que d’un spectateur assis sur un strapontin….

Bonne fêtes de fin année.

Paris, le 9 décembre 2016.
Armin Zinser