Lettre mensuelle juin 2016 : “Le calme avant la tempête ?”



Chers investisseurs et amis,

Le calme avant la tempête ?

L’année boursière, jusqu’à présent, a été complexe à appréhender. Mais, comme le disent nos amis anglais : « No pain, no gain » (pas de douleur, pas de profit). Néanmoins, contrairement à la catastrophe naturelle survenue ces derniers jours, les tempêtes réelles ont épargné les bourses. Les grands indices en mai, ont même progressé modérément mais pour l’instant la situation reste encore fragile. Après des chiffres désastreux de l’emploi aux US, les doutes sur la santé de l’économie américaine surgissent de nouveau. Coté Européen, les crises politiques assombrissent régulièrement l’horizon (le référendum sur le Brexit aux UK, l’élection en Espagne, la crise grecque toujours non résolue, l’endettement de l’Italie et la situation en France avec le bras de fer entre gouvernement et les syndicats et pour finir la question des réfugiés en Allemagne…etc).

Mais il existe un aspect qui donne malgré tout de l’espoir : Il y a un tel sentiment négatif sur les marchés, qu’en lui-même cela devient positif. En effet, les gens frileux ont déjà vendu, par contre, ceux restant investis avec des nerfs d’acier devront profiter pleinement du retour des investisseurs en excès de liquidités sur les marchés. Le spéculateur bien connu George Soros mise sur l’or, Marc Faber a pronostiqué à la fin de l’année dernière que les marchés baisseraient de 20% au cours de ce semestre et la Bank of America a lancé une étude très « bearish » avec une possibilité de correction de 10% suite au danger du Brexit et de la montée de l’extrémisme en politique. Qu’à t’on vu à ce jour ? : Fin Janvier, la Royal Bank of Scotland a conseillé de sortir de toutes les actions, mais juste après ce cri alarmiste les cours ont grimpé. Autant nous apprécions un momentum positif au niveau des titres individuels, autant, nous aimons aussi un momentum négatif sur les marchés car cela crée des opportunités d’investissement. Bien entendu, il se peut que les actions baissent encore au cours du mois de juin, mais il est probablement plus pertinent d’acheter maintenant (« buy the dip »). Les investisseurs courageux devront donc se positionner rapidement pour le deuxième semestre afin de profiter de l’anticipation d’un rally.

Il est vrai, qu’il reste beaucoup de points incertitude encore. Cependant, il existe aussi d’autres éléments puissants les contrebalançant largement : Le sous ou non investissement, le cash non rémunéré voir en taux négatif ! Que fait un investisseur une fois qu’il a vendu ses actions, que les assurances vie arrivent à leurs échéances et que l’on perd confiance envers le système bancaire ? La réponse est évidente : l’argent doit aller dans des placements d’actifs « réels », et le plus logique est d’investir dans les actions. L’effet est simple : Les actions qui baissent vont profiter du cash disponible et il en résultera in fine une hausse des cours. Ceci est un raisonnement fondamental : nous n’avons pas pour l’instant d’autre alternative que d’investir dans les actions et dans une moindre mesure, dans un bien immobilier à usage personnel.

Les actions en elle mêmes sont – de plus en plus limitées – en quantités et plus précisément : « les Bonnes Actions » sont une denrée rare. Cependant, certain comme les investisseurs chinois savent en profiter et font du shopping dans des valeurs de première qualité en Europe à l‘instar de la Compagnies des Alpes, d’Accor, de Club Med, mais également aussi sur des valeurs dites « Industrie 4.0 » en Allemagne. Au milieu du mois de Mai, KraussMaffei a été acheté par ChemChina et maintenant le scénario semble s’accélérer avec Shanghai Electric qui prend 29% dans la société du TecDax : Manz (fournisseur d’Apple et de machines « Green Technologie ») juste sous le seuil de déclenchement (30%) pour une offre aux actionnaires. Pendant ce temps, à Aix-la-Chapelle, une société de haute technologie, Aixtron (fabrication de machines pour les LED) est reprise par le fonds chinois FGC. Et cerise sur le gâteau, une offre de la société chinoise Midea sur le fabricant hautement spécialisé dans la fabrication des robots industriels : Kuka à Augsbourg.

Aussi, il devient prévisible d’anticiper des réductions successives des « free float » pour les sociétés du Mittelstand. C’est donc à cause d’une doctrine politique rétrograde et arbitraire refusant la création de fonds de pensions que nous perdons nos « bijoux de famille » sans avoir vraiment la possibilité de nous défendre, sauf par des mesures « protectionnistes », et ces dernières étant jugées totalement contre productives.

Paris, le 9 Juin 2016.

Armin Zinser



Author: Armin Zinser
Diplômé de Sciences économiques et de Droit ainsi que de l’INSEAD, Armin ZINSER compte plus de 35 ans d’expérience dans les activités bancaires et la gestion d’actifs, notamment au sein du groupe Landesbank (Stuttgart, Londres, Luxembourg), de la Banque Colbert, du Groupe CPR, de l’OCDE dont il gérait les fonds de pension, Axa IM et la Banque Leonardo à Paris où il occupait dernièrement les fonctions de gérant et stratégiste des portefeuilles OPCVM actions et diversifiés. Armin ZINSER gère désormais deux fonds à la Société de Gestion Prévoir, Prévoir Gestion Actions et Prévoir Perspectives.